Un ship security officer (SSO) est l’officier à bord qui veille à ce que le navire reste sûr contre les actes illicites: accès non autorisé, armes, sabotage, piraterie, ou simple intrusion. Il applique et surveille le plan de sûreté du navire, forme l’équipage, suit les niveaux de sûreté et signale tout problème à terre pour qu’il soit traité vite. Sans ce rôle, un navire devient une cible plus facile.
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ToggleQu’est-ce qu’un ship security officer et comment est-il désigné?
Le SSO est un officier du bord nommé par l’armateur ou l’entreprise après vérification de ses compétences et de son expérience en mer. Il doit connaître le fonctionnement du navire, comprendre les risques de sûreté, et avoir suivi une formation reconnue couvrant le Code ISPS et les exigences de la convention STCW (tableau A-VI/5). La désignation est approuvée par l’administration du pavillon (ou une organisation de sûreté reconnue) en même temps que le plan de sûreté du navire.
Le poste est souvent confié à un officier supérieur déjà à bord (selon la taille et le type de navire), ce qui facilite l’intégration des tâches de sûreté au travail quotidien.
Que contient un plan de sûreté du navire et pourquoi est-il central?
Le plan de sûreté du navire (Ship Security Plan – SSP) rassemble les mesures à appliquer selon les trois niveaux de sûreté, les zones restreintes, les procédures d’accès, la gestion des marchandises, les communications, la tenue des registres, l’usage de l’alerte de sûreté du navire et la maintenance de tout équipement de sûreté. Il inclut aussi les méthodes de réaction face aux menaces, aux incidents et aux changements de niveau imposés par un État du port.
Le SSO doit comprendre chaque partie du plan, savoir où il se trouve, qui y a accès, et comment en mettre à jour les sections après un audit, une inspection ou un changement d’exploitation (nouvelle ligne, zones à risque, nouveaux équipements).
Que fait un ship security officer au quotidien?
Voici les actions clés que le SSO doit suivre régulièrement.
- Inspections de sûreté régulières: vérifier que portes, clôtures, éclairage, scellés, systèmes d’alerte et contrôles d’accès fonctionnent et sont utilisés.
- Application et supervision du plan: s’assurer que les mesures prévues au niveau de sûreté en cours sont bien en place, y compris lors des escales.
- Coordination du fret, des approvisionnements et des embarquements: surveiller la chaîne d’accès lorsque cargaison, pièces de rechange, vivres ou carburant arrivent à bord; travailler avec l’équipe du quai.
- Propositions d’amélioration: suggérer des modifications du plan lorsque les routes changent, que de nouveaux risques apparaissent ou qu’un audit révèle un point faible.
- Signalement des non-conformités: enregistrer et transmettre sans délai tout écart observé aux responsables à terre pour action corrective.
- Sensibilisation et vigilance de l’équipage: rappeler les niveaux de sûreté, les zones autorisées, et la conduite à tenir en cas de doute.
- Formation et exercices: organiser des briefings, scénarios et exercices (recherche d’objet suspect, contrôle d’accès, stowaway, attaque armée) pour que chacun sache quoi faire.
- Rapports d’incidents: documenter tout événement ou tentative suspecte et en assurer la traçabilité dans les registres exigés.
- Suivi de l’équipement de sûreté: vérifier, tester et faire entretenir détecteurs, éclairages, alarmes, dispositifs de contrôle et systèmes d’alerte.
Quels sont les niveaux de sûreté et comment le SSO adapte les mesures?
Le Code ISPS prévoit trois niveaux de sûreté fixés par les États et relayés au navire. Le SSO applique ou renforce les mesures prévues pour chaque niveau et s’assure que l’équipage comprend les changements.
- Niveau 1: mesures de routine. Contrôles d’accès normaux, surveillance générale des zones sensibles, badges visiteurs.
- Niveau 2: menace accrue. Renforcement des rondes, restrictions supplémentaires d’accès, inspection plus fréquente des bagages et du fret, doublage des veilles passerelle/quai.
- Niveau 3: menace probable ou imminente. Mesures temporaires exceptionnelles: éclairage total, activation continue de la vidéosurveillance, préparation à inspection sous-marine, coordination étroite avec autorités.
Le SSO tient à jour les registres de tout passage de niveau, des instructions reçues et des mesures prises, afin de pouvoir démontrer la conformité en inspection.
Comment le SSO travaille-t-il avec les autres acteurs de sûreté?
La sûreté maritime repose sur un réseau. À bord, le SSO s’appuie sur le commandant et les chefs de service pour appliquer les mesures. À terre, il échange avec l’officier de sûreté de l’entreprise (CSO) qui suit la flotte, consolide les risques et approuve les mises à jour du plan. Lors des escales, il coordonne avec l’officier de sûreté de l’installation portuaire (PFSO) pour harmoniser contrôles d’accès, déclarations de sûreté et consignes particulières (par exemple zone de guerre, cargaison sensible, passagers nombreux).
Le tableau ci-dessous résume les rôles respectifs et les principales zones d’action.
| Rôle | Où il agit surtout | Responsabilités clés liées au navire | Communication principale |
|---|---|---|---|
| SSO | À bord du navire | Appliquer/mettre à jour le SSP, inspections, formation équipage, rapports incidents, contrôle accès | Avec CSO et PFSO. |
| CSO | Siège / flotte | Développer, soumettre et maintenir les SSP; analyses de menace; audits; support aux SSO | Avec SSO, autorités pavillon. |
| PFSO | Installation portuaire | Contrôles d’accès port, coordination embarquements, interface navire/terre, déclaration de sûreté | Avec SSO, autorités portuaires. |
Quelle formation et quelles compétences sont attendues?
La formation SSO suit un programme aligné sur l’IMO (cours modèle 3.19) et la STCW (A-VI/5). Elle couvre la réglementation internationale et nationale, les rôles des différents acteurs, l’évaluation des risques, les techniques de fouille, la protection des communications, la conduite d’audits internes et la pratique d’exercices à bord. Les sessions combinent théorie et mises en situation; des formats hybrides (présentiel + distance) existent selon les centres.
Les prérequis courants incluent une expérience de mer documentée, un certificat médical valide et, selon les administrations, des qualifications de navigation ou de machine. Des tests de fin de stage valident les acquis avant délivrance du certificat permettant la demande d’attestation officielle.

Comment le SSO prépare l’équipage et gère les exercices?
Former l’équipage n’est pas un événement unique. Le SSO planifie des séances courtes et ciblées avant les escales sensibles, répète les procédures d’accès visiteurs, simule la découverte d’un colis suspect, et vérifie que chacun sait à qui signaler une anomalie. Des exercices périodiques permettent d’évaluer les temps de réaction, la qualité des communications internes, et la capacité à maintenir les opérations essentielles du navire sous stress. Les résultats sont enregistrés, discutés et, si besoin, intégrés dans une mise à jour du plan.
Quels registres et preuves conserver?
Les règlements exigent que le navire conserve des traces de toutes les activités liées à la sûreté: formations, exercices, changements de niveau, menaces reçues, incidents, audits, revues du plan, maintenance des équipements et tests de l’alerte de sûreté. Les registres doivent être conservés dans la langue de travail du navire (avec traduction si nécessaire) et protégés contre modification non autorisée, y compris en format électronique
La fonction de SSO demande de la rigueur quotidienne, un bon sens marin et la capacité de mobiliser l’équipage. En gardant le plan vivant, en observant les détails et en communiquant vite, le SSO réduit les occasions pour quiconque d’exploiter une faille à bord.



